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Les premières données scientifiques sont arrivées cet après-midi à 17h19 heure de Paris au Centre européen dopérations spatiales (ESOC) à Darmstadt (Allemagne). Huygens représente la première tentative datterrissage dune sonde sur un objet du système solaire externe. « Les Européens et leurs partenaires américains remportent aujourdhui un formidable succès dans le cadre de cet ambitieux projet international dexploration du système saturnien » a déclaré Jean-Jacques Dordain, Directeur général de lESA.
Ce 14 janvier, vingt jours et 4 millions de kilomètres - après sa séparation de lorbiteur Cassini, Huygens a atteint les couches supérieures de latmosphère de Titan. A 11h13 heure de Paris, alors quelle se trouvait à une altitude denviron 1270 kilomètres, la sonde a entamé sa descente à travers les couches nuageuses qui dissimulent la surface de Titan. En lespace de trois minutes, il lui a fallu ralentir de 18 000 à 1 400 km/h.
Louverture dune série de parachutes a encore réduit sa vitesse à moins de 300 km/h. A une altitude de lordre de 160 kilomètres, ses instruments scientifiques ont été exposés à latmosphère de Titan et, à environ 120 kilomètres, le parachute principal a été remplacé par un parachute plus petit jusquau contact avec le sol, prévu à 13h34 heure de Paris. Il ressort des données préliminaires que la sonde sest posée avec succès, probablement sur une surface solide.
La sonde a commencé à envoyer des données à lorbiteur Cassini quatre minutes après le début de sa phase de descente dans latmosphère et a continué à émettre au moins aussi longtemps que Cassini était visible au-dessus de lhorizon. Le premier signe du bon fonctionnement de Huygens est parvenu dès 11h25 heure de Paris ce matin, lorsque le radiotélescope de Green Bank, en Virginie occidentale (Etats-Unis), a capté un signal de faible intensité mais clairement identifiable en provenance de la sonde. Les radiotélescopes terrestres ont continué à recevoir ce signal bien après la durée de vie prévue de Huygens.
Les données de Huygens, relayées par Cassini, ont été recueillies par le Réseau pour lespace lointain (DSN) de la NASA, qui les a transmises immédiatement à lESOC, où leur analyse scientifique est en cours.
« Titan a toujours été, dans le système saturnien, la cible vers laquelle il était essentiel denvoyer une sonde pour recueillir des mesures in situ. Cest un monde fascinant et nous attendons avec impatience les résultats scientifiques », a déclaré le Professeur David Southwood, Directeur du Programme scientifique de lESA.
« Les chercheurs travaillant au projet Huygens sont ravis. Les voici récompensés de leur longue attente », a souligné Jean-Pierre Lebreton, responsable de la mission Huygens à lESA. Huygens devrait livrer la première analyse directe et précise de la chimie atmosphérique de Titan, ainsi que les premières photographies de sa surface enfin dévoilée et même un « bulletin météo » détaillé.
Lenvoi de la sonde Huygens se justifie notamment par le fait que latmosphère de Titan, essentiellement composée dazote et riche en méthane, ainsi que sa surface pourraient contenir de nombreux composés chimiques présentant des similitudes avec les éléments constitutifs de la Terre primitive. Associées aux observations de Cassini, les données de Huygens permettront de réaliser une percée sans précédent dans la compréhension de cette mystérieuse lune de Saturne.
« La traversée de latmosphère de Titan était une occasion à ne pas manquer ; nous nous réjouissons du succès remporté aujourdhui et nous félicitons de ce partenariat avec lESA », a déclaré Alphonso Diaz, Administrateur associé de la NASA pour les questions scientifiques.
La mission Cassini-Huygens est le fruit d'une coopération entre la NASA, l'Agence spatiale européenne et l'Agence spatiale italienne (ASI). C'est le Jet Propulsion Laboratory (JPL), division du California Institute of Technology de Pasadena, qui a conçu, développé et assemblé l'orbiteur Cassini et qui gère aujourd'hui la mission pour le compte du Bureau des sciences spatiales de la NASA, installé à Washington.
Pour Jean-Jacques Dordain, « les chercheurs, les industriels et les agences, en Europe et aux Etats-Unis, ont mené un extraordinaire travail déquipe qui est à lorigine du remarquable résultat auquel nous venons daboutir ».
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